16h40
Cher Blog, Cher Lecteur,
Aujourd’hui, c’est le début de l’acte 3 de mes aventures d’hospitalisation. Hé oui, après 3 semaines de rechutes maniaques et deux semaines à augmenter le traitement sans réel effet - si ce n’est un peu sur le sommeil. C’est donc après plusieurs emportée de violence verbale et à la limite du physique que j’ai pris la décision de demander une hospitalisation dites volontaire.

Tout est allé très vite. J’avais rendez-vous ce matin à 10h avec ma psychiatre. Avec ma femme, nous avons fait le nécessaire pour lui exposer la situation et signifier le souhait d’une hospitalisation. Elle a tout de suite confirmer que c’était une bonne décision et a même fait les démarches directement. Moins de 10 minutes après une place m’était réservée dans le même hôpital que lors de ma deuxième hospitalisation.
Le rendez-vous est pour 15h et je suis rapidement pris en charge. Ma femme reste un moment - le temps que je remplisse les papiers et de découvrir ma chambre - puis s’en va. Seul hic: je ne suis pas en chambre seul mais en chambre double. Cela m’effraie un peu mais mon coloc, J., a l’air très gentil.

Une fois ma femme partie, j’enchaîne avec un premier entretien avec le médecin de garde puis sur des examens médicaux de bases (tension, température, ECG). Apparemment ma tension est trop haute et ma température aussi. Ça peut être du à la canicule mais aussi au traitement. Je dois donc être recontrolé dans quelques heures. En attendant, je me pose et attends l’heure du repas. Je sens que cette fois encore, mes journées seront rythmées par les heures de repas.
18h13
Ça y est, le repas est fini. Avant ce dernier, je me suis occupé comme je pouvais en lisant un peu et en téléphonant à mes enfants.
Ce soir au menu, salade de cervelas, patate, oignons avec compote de pomme en dessert. Pas mauvais mais j’ai peur d’avoir encore faim plus tard.

Maintenant que le repas est passé, j’appréhende la suite car je n’ai jamais eu d’hospitalisation en chambre partagée. J’ai peur que mon coloc se plaigne de moi, ou que je sois dans l’impossibilité d’aller aux toilettes la nuit etc (surtout que pour le coup, son lit est vraiment face à la porte de la salle de bain).
Pour ma part, je suis au « bout » de la chambre, donc j’ai cette chance d’avoir un peu plus de tranquillité.

19h36
Alors que je pensais mon voisin de chambre tranquille, le voilà à écouter des vidéos avec le volume à fond… et ça, alors que je m’apprête à aller chercher mes médicaments et prendre ma douche etc… dire que je suis sortit pour appeler mes enfants de peur de le déranger!
Décidément, je découvre vraiment les points négatifs des chambres communes.
Bref, au lieu de m’énerver je regarde calmement le match du jour - République Tchèque vs Afrique du Sud - avec un écouteur. Mais j’avoue que garder mon calme est difficile…
D’ailleurs, ça me rappelle que durant mon entretien d’entrée avec la psychiatre de garde, il m’a été évoqué la chambre d’isolement dans le cas où je deviendrai violent pour moi-même ou pour autrui. Sympa.
21h14
Le bruit commence à me fatiguer. Mon coloc s’est excusé et m’a dit avoir perdu son AirPod. Mouais. En attendant, c’est moi qui supporte.
J’attends désespérément le moment où je pourrai appeler ma femme et que je pourrai ensuite me mettre pour dormir. Dans l’intervalle je regarde Suisse - Bosnie.